Transformez en bonne nouvelle les erreurs sur un chantier de construction

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20/10/2021

Catégorie:   -  Publié par: Behtash Abdi

Plusieurs aspects peuvent mal tourner sur un chantier, et plus le projet est complexe, plus les risques de mauvaises surprises augmentent. Même si votre équipe de gestion de projets essaie d’en planifier le bon déroulement, les imprévus sont presque inévitables. Dans tous les cas, que vous voyiez venir certains pépins ou non, l’important est d’avoir une solution de rechange lorsqu’ils surviennent. 

Dans cet article, découvrez des situations où les experts de Canam, en recevant une mauvaise nouvelle assez tôt dans un projet, ont pu tourner la situation à leur avantage.

 

Changer une mauvaise nouvelle en information utile : une question de contexte

Lorsque vous installez des structures d’acier, la réussite de vos projets ne dépend pas que de leur exécution sur le chantier. Elle repose surtout sur votre prévoyance et votre connaissance des facteurs à prendre en compte, avant même de poser les premiers boulons d’ancrage. 

L’élévation des façades en béton, l’emplacement du noyau de béton ou des boulons d’ancrage sont quelques aspects qui influencent directement les travaux. Certains de ces éléments peuvent être planifiés soigneusement, mais qu’en est-il de Mère Nature et de ses grands vents ou de ses températures glaciales?

S’il annonce de la pluie en journée, mais qu’au moment de sortir il fait encore soleil, vous apporterez quand même votre manteau : c’est ce qu’on appelle être prévoyant.

C’est la même chose en construction! Avoir un plan B, trouver des solutions, être informé et capable de prendre les bonnes décisions est essentiel à la réussite d’un projet.

 

Une question de centimètres (et de communication)

Vous installez une colonne pesant environ  7 258  kg (16 000 lb) avec des plaques de base d’un peu plus de 76 mm (3 po) d’épaisseur et 12 boulons d’ancrage. Si un seul de ces ancrages est décalé d’un millimètre, la colonne ne peut pas être installée. Certains voudront pratiquer un trou dans la plaque pour l’ajuster : considérons cette option de plus près. La grue ayant déjà soulevé la colonne, votre temps est donc utilisé – tout comme le temps de l’opérateur, du gréeur et de trois monteurs. Les coûts s’additionnent rapidement, et la colonne n’est même pas encore installée.

Même si cette erreur peut être résolue sur le chantier, ce n’est pas nécessairement l’option la plus économique. Vous devrez tout de même interrompre les travaux, ce qui décale votre échéancier, et vous devrez peut-être faire appel à des ingénieurs, des dessinateurs, des soudeurs ou tout autre expert pour continuer. Plus de dépenses et plus de délais! 

 

vue aérienne au drone chantier Canam

 

Parfois, une erreur qui passe inaperçue peut même compromettre la sécurité du chantier et tourner à la catastrophe. Heureusement, ces erreurs peuvent être évitées.

Dès le départ, si l’emplacement des boulons d’ancrage avait été mesuré et transmis à l’équipe responsable des dessins avant que la colonne soit fabriquée, ce casse-tête aurait été évité. Elle aurait été dessinée et conçue de façon adéquate, et ces étapes supplémentaires, évitées. 

 

L’importance de garder l’œil ouvert

Sur l’un des projets de Canam, notre responsable de chantier a remarqué que le mauvais calibre de treillis métallique allait être utilisé. En regardant par hasard leurs étiquettes, il s’est rendu compte qu’ils étaient moins résistants que la capacité requise par les normes. Ces treillis étaient envoyés d’un autre chantier par l’entrepreneur général qui souhaitait économiser de l’argent.

Le temps que cette erreur soit détectée, la coulée de béton avait déjà été complétée sur quelques étages. Notre équipe a pu réagir rapidement et renforcer ces niveaux avant que quelque chose de grave ne se produise.

 

Une question demeure : que serait-il arrivé si notre responsable n’avait pas posé les yeux sur les étiquettes du treillis?

Des erreurs peuvent se produire, il faut seulement les détecter à temps pour ajuster les plans, les méthodes de construction et l’approche générale selon le nouveau contexte, permettant aussi d’ajuster la sécurité et l’efficacité des travaux pour tous les corps de métier impliqués. Cet ajustement élimine également l’échange de blâmes entre les différents sous-traitants, assurant un déroulement plus agréable, sécuritaire et en contrôle du projet.

 

Les bonnes pratiques pour détecter les erreurs à temps

Les experts de Canam sont unanimes : être constamment en réaction engendre le désordre, alors qu’une approche proactive réduit les risques de mauvaises surprises.

Voici leurs conseils avisés pour détecter les erreurs le plus tôt possible.

  • Évaluez le chantier de construction et identifiez à l’avance les risques, les préoccupations et les obstacles possibles.
  • Mesurez l’étendue de votre mandat, ainsi que celui des corps de métier impliqués, avant et après vous dans le projet.
  • Établissez une communication claire entre les différents sous-traitants pour que tout le monde soit sur la même longueur d’onde et puisse signaler un pépin aussitôt que nécessaire.
  • Collaborez avec des entreprises capables de vous assister dans la conception. Cette approche met en contact, dès le départ, les différentes équipes sous-traitantes impliquées sur un chantier. Grâce à leur savoir-faire, leur expérience et leurs différentes formations, ces entreprises peuvent aider à mettre en place l’approche optimale pour votre projet. Les partenaires misant sur cette coopération ont souvent des plans B, C et D en réserve : si vous les tenez au courant, ils auront une solution à portée de main.
  • Utilisez des méthodes de gestion de projet récentes, comme le LPS (Last Planner System). Cette approche incontournable pour des chantiers modernes est employée notamment dans les projets de conception-construction. Le LPS aide à identifier rapidement les erreurs ou les obstacles potentiels en mettant en place une méthode « Pull », voulant que les sous-traitants soient impliqués dans le projet et « prennent » leurs responsabilités avant même de mettre un pied sur le chantier.
  • Examinez et vérifiez, à chaque étape, le travail complété par les différents corps de métier, non pas pour distribuer le blâme, mais pour être prêt à faire face aux imprévus.
  • Effectuez un « post mortem » pour faire le bilan de votre projet et partagez les leçons apprises à vos collaborateurs : en transmettant certaines connaissances clés, vous les préparerez mieux pour les prochains défis.
  • Donnez le coup d’envoi des nouveaux projets en passant en revue les problèmes précédemment rencontrés afin de garder en tête la façon dont ils ont été traités et réglés.

Les erreurs sur les chantiers de construction ont toujours existé et continueront de faire partie de l’industrie. En revanche, un mélange de bonne communication, d’organisation détaillée et de gestion proactive est la recette de base d’un projet sans souci!

 

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